Député de la 3e circonscription d'Ille-et-Vilaine : François André

Le mercredi 28 février 2018

Audition du PDG de Dassault Aviation, sur le projet de LPM

La commission de la défense nationale et des forces armées a auditionné, le mercredi 28 février 2018, M. Éric Trappier, Président-Directeur Général de Dassault Aviation, sur le projet de loi de programmation militaire 2019 - 2015. 


A cette occasion, je l'ai interrogé sur la chaîne de production de l'avion de chasse Rafale au regard des commandes programmées tant par l'Armée de l'Air française que par les exportations.

 

Vous trouverez ci-dessous le contenu de mon intervention : 

 

"Monsieur Trappier, je souhaiterais revenir sur l'aspect de la chaîne de production du Rafale. En 2013, lors de l'audition analogue à celle-ci, préparatoire à la préparation de la LPM 2014 - 2019, vous déclariez, s'agissant de la production du Rafale, avoir, je cite, "besoin de construire un Rafale par mois et onze par an pour conserver la capacité de production de cet avion. Alors ma question, au vu des différents chiffres que vous avez évoqués, tant pour le marché national que pour l'export au début de votre exposé, est : qu'en est-il de cette cadence de production, et est-ce que l'on peut écarter désormais toute menace pour cette chaîne de production, ou les commandes en cours ou l'export qui est déjà acquis garantissent-ils cette cadence et surtout pour quelle durée ?"

 

Ainsi que la réponse de M. Trappier : 

 

"La réponse est la même qu'en 2013. On est assez persistant chez Dassault, et constant, pour que la chaîne de production non seulement chez Dassault, mais de manière plus importante chez nos sous-traitants, puisse avoir encore un sens et intéresser nos sous-traitants. Un par mois est un minimum. Donc on l'a affirmé et on le réaffirme. C'était toute la problématique de la LPM actuelle et c'est pour ça qu'il fallait absolument gagner la bataille de l'exportation et que l'équipe France a réussi cette bataille. Aujourd'hui, grâce à l'exportation, on est passé au-dessus, c'est à dire qu'on est non seulement au-dessus de un, mais on est au-dessus de deux, on est en train de passer à peu près à deux puisqu'à un moment donné, on va devoir livrer des avions de manière cohérente, et donc livrer beaucoup plus que onze avions par an, en particulier dans les années 2019 - 2020, là où l'Inde va être en parallèle de la livraison du Qatar. Donc la montée en puissance ne pose pas de problème. J'ai souvent entendu la question "mais est-ce que vous savez monter en puissance?". Vous savez, nous, plus on il y a de commandes, mieux on se porte. Evidemment, ça crée du travail, il faut embaucher du monde, bah on est très content. C'est plutôt la baisse qui nous inquiète toujours et de passer en dessous de seuils critiques qui font que le travail devient marginal. Pourquoi c'est marginal, c'est que si ça reste important dans nos usines, c'est très marginal chez nos sous-traitants qui ont aussi à traiter les avions civils et pas simplement les "Falcon" mais les Airbus, et que quand vous devez faire 10, 20, 30, 40, 50 avions par mois pour des Airbus, dire qu'on fait moins d'un avion par mois pour le Rafale, ça n'intéresse plus personne. Et si ça n'intéresse plus personne, c'est difficile à faire. Alors un par mois, c'était la limite sur laquelle on a réussit à avoir le soutien de l'ensemble de notre sous-traitance, avec l'aide de la DGA du reste, pour pouvoir honorer cette cadence faible. Alors la réalité pour la LPM à venir, c'est qu'il y a quand même, comme je le disais dans mon propos liminaire, deux années, je dirais difficiles, qui sont 2025 et 2026. Si on prend le plan, on a la 4T2 qui nous emmène jusqu'à 2024 et on a la cinquième tranche qui ne démarrerait qu'en 2027. Et l'export aujourd'hui s'arrête en 2021. Donc on a deux années qui sont difficiles. Elles ne sont pas tout de suite et donc on peut espérer avoir des contrats à l'exportation dans les années qui viennent et qui boucheraient le trou 2025 - 2026. Si tel n'était pas le cas, évidemment, il faudrait discuter avec la DGA, mais les contrats ne sont pas encore passés de toutes les manières, ni en commande, ni en programmation. Et donc, de la même manière qu'on avait fait pour la LPM d'avant, il y aura un certain nombre de paris à prendre et de plans B à trouver. Donc on est quand même plutôt, avec ces premières réussites qui sont arrivées les trois dernières années, dans une logique et dans un cercle vertueux." 

 

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